mercredi 11 août 2010
Je fais partie de cette génération de la fin des années 80 début 90, qui n'a connu qu'instabilité politique.
Je fais partie de cette génération qui a vécu avec la terreur, la dictature, la peur. Je fais partie de cette génération qui a connu une Haïti «poussière» et «miséreuse».
Je fais partie de cette génération à qui on a dit de se taire, car il n'est pas bon de parler de politique. Je fais partie de cette génération où durant mes études, presque tous les jours on apprenait le décès du père, de la mère ou d'un parent d'un ami.
Je fais partie de cette génération à qui on a dit que la «politique» c'est pour le «prolétariat» et/ou les illettrés (j'utilise ce terme sans sens péjoratif ici). Je fais partie de cette génération où nos parents regardaient la politique d'un mauvais œil, et continuent de la regarder d'un mauvais œil.
Je fais partie de la génération meurtrie par le Post-Duvalier et le Grand Populisme. Je ne me considère d'aucune classe sociale.
Je me considère uniquement «Haïtien». Je me sens à l'aise avec toutes les catégories sociales. Ce qui n'est pas le cas de tout le monde...
Aujourd'hui je crois qu'en Haïti il est temps que nous arrêtions de penser avec les «visions» et préjugés de nos origines, de «nos familles» , de notre milieu.
Arrêtons notre obscurantisme étriqué et notre cynisme. Il est temps que nous nous défassions des tumultes de classes. Il est temps que nous nous concentrions sur des actions concrètes de reconstruction. Il est temps que nous mettions la main à la pâte.
Il est temps que nous ne laissions plus la politique aux semi-analphabètes. Il est temps que les gens éduqués guident le peuple et l'aide à s'instruire, à se dépasser, même voire un jour nous dépasser... Car dans toute société, il faut du renouvellement...
N'ayons pas peur du renouvellement. Il est temps que les complexés de tout bord voguent vers d'autres cieux s'ils se sentent mal à l'aise sur notre terre. Il est temps de faire d'Haïti un joyau, comme beaucoup d'entre nous avons participé à faire des joyaux, d'autres pays.
Et pourquoi ailleurs et pas chez nous?
Il est temps de sortir de notre peur. Il est temps de construire un état de droit. Il est temps de rejeter l'abject, le laisser-faire. Il est temps de dire «haut et fort» notre désir de créer une Haïti où il fait bon vivre pour nos enfants, toutes catégories sociales confondues. Il est temps de construire un pays avec moins de disparités et avec des possibilités d'évolution. Il est temps d'avoir une classe moyenne large.
Qui est responsable de la situation actuelle? Je crois que tous, sommes responsables. Il n'y a pas de moins ou plus coupables. C'est une situation à torts réciproques. Nous devons enfin nous unir et éviter que ce soient les haïtiens-américanisés qui viennent semer la discorde au sein de notre société. Nous devons enfin nous unir afin d'éviter encore une guerre civile. Et me dira-t-on: « il ne faut pas dire tout cà, car c'est trop dangereux...»
Quand il y aura des milliers de gens qui parleront en ces termes, qui s'investiront dans la refonte de notre société, de notre terre, alors les malfrats ne pourront rien contre nous. Il faut enfin que nous parlions et surtout agissions.
Qu'en est-il de notre environnement? Personne n'en a encore parlé. Nous sommes encore à ruminer des affaires de classe, des affaires de couleur, des affaires de couleur politique, d'alliance et de discorde. Je n'ai pas encore entendu parler de mise en place de valeurs, d'éthique, de respect des autres, de patriotisme, de plans de sauvegarde de l'environnement. Je suis sûr que ce n'est pas le candidat qui fait le «pays», le changement; mais la société qui fait le «pays», le changement.
Alors, Mesdames, Messieurs, arrêtons les discussions inutiles, les faux-semblants ; investissons nous dans des valeurs sûres. Impliquons-nous dans l'éducation, la santé, le reboisement. Préparons des candidats pour le futur, qui aient des diplômes de l'ENA, de La Sorbonne, de «Sciences Po», de Droit, et des plus grands écoles de politique et de droit mondiales, qui soient «haitianos-haïtiens», qui puissent parler Créole, Français, Anglais, Espagnol, parfaitement. Qui aient suivi également des cours de Gestion, de Gestion des Affaires Etatiques, de Gestion du Patrimoine, de Diplomatie, d'Economie.
Les mois qui viennent les «dés sont déjà jetés», nous aurons forcément un populiste au pouvoir : soyons logiques !
Pourquoi j'écris aujourd'hui, c'est pour sensibiliser et appeler les gens éduqués à s'investir dans la cause haïtienne. Sans notre implication, nous aurons encore des tremblements ingérés, impréparés, des cyclones mal gérés, des assassinats et un environnement encore plus meurtri.
Laissons de côté nos "préjugés" et mettons la main à la pâte dès aujourd'hui, pour qu'après le passage inévitable du futur «populiste» qui gagnera ces élections, nous soyons prêts à le remplacer par des gens compétents et puissions enfin construire notre pays .
Jean-Paul GUILLOBEL
Je fais partie de cette génération qui a vécu avec la terreur, la dictature, la peur. Je fais partie de cette génération qui a connu une Haïti «poussière» et «miséreuse».
Je fais partie de cette génération à qui on a dit de se taire, car il n'est pas bon de parler de politique. Je fais partie de cette génération où durant mes études, presque tous les jours on apprenait le décès du père, de la mère ou d'un parent d'un ami.
Je fais partie de cette génération à qui on a dit que la «politique» c'est pour le «prolétariat» et/ou les illettrés (j'utilise ce terme sans sens péjoratif ici). Je fais partie de cette génération où nos parents regardaient la politique d'un mauvais œil, et continuent de la regarder d'un mauvais œil.
Je fais partie de la génération meurtrie par le Post-Duvalier et le Grand Populisme. Je ne me considère d'aucune classe sociale.
Je me considère uniquement «Haïtien». Je me sens à l'aise avec toutes les catégories sociales. Ce qui n'est pas le cas de tout le monde...
Aujourd'hui je crois qu'en Haïti il est temps que nous arrêtions de penser avec les «visions» et préjugés de nos origines, de «nos familles» , de notre milieu.
Arrêtons notre obscurantisme étriqué et notre cynisme. Il est temps que nous nous défassions des tumultes de classes. Il est temps que nous nous concentrions sur des actions concrètes de reconstruction. Il est temps que nous mettions la main à la pâte.
Il est temps que nous ne laissions plus la politique aux semi-analphabètes. Il est temps que les gens éduqués guident le peuple et l'aide à s'instruire, à se dépasser, même voire un jour nous dépasser... Car dans toute société, il faut du renouvellement...
N'ayons pas peur du renouvellement. Il est temps que les complexés de tout bord voguent vers d'autres cieux s'ils se sentent mal à l'aise sur notre terre. Il est temps de faire d'Haïti un joyau, comme beaucoup d'entre nous avons participé à faire des joyaux, d'autres pays.
Et pourquoi ailleurs et pas chez nous?
Il est temps de sortir de notre peur. Il est temps de construire un état de droit. Il est temps de rejeter l'abject, le laisser-faire. Il est temps de dire «haut et fort» notre désir de créer une Haïti où il fait bon vivre pour nos enfants, toutes catégories sociales confondues. Il est temps de construire un pays avec moins de disparités et avec des possibilités d'évolution. Il est temps d'avoir une classe moyenne large.
Qui est responsable de la situation actuelle? Je crois que tous, sommes responsables. Il n'y a pas de moins ou plus coupables. C'est une situation à torts réciproques. Nous devons enfin nous unir et éviter que ce soient les haïtiens-américanisés qui viennent semer la discorde au sein de notre société. Nous devons enfin nous unir afin d'éviter encore une guerre civile. Et me dira-t-on: « il ne faut pas dire tout cà, car c'est trop dangereux...»
Quand il y aura des milliers de gens qui parleront en ces termes, qui s'investiront dans la refonte de notre société, de notre terre, alors les malfrats ne pourront rien contre nous. Il faut enfin que nous parlions et surtout agissions.
Qu'en est-il de notre environnement? Personne n'en a encore parlé. Nous sommes encore à ruminer des affaires de classe, des affaires de couleur, des affaires de couleur politique, d'alliance et de discorde. Je n'ai pas encore entendu parler de mise en place de valeurs, d'éthique, de respect des autres, de patriotisme, de plans de sauvegarde de l'environnement. Je suis sûr que ce n'est pas le candidat qui fait le «pays», le changement; mais la société qui fait le «pays», le changement.
Alors, Mesdames, Messieurs, arrêtons les discussions inutiles, les faux-semblants ; investissons nous dans des valeurs sûres. Impliquons-nous dans l'éducation, la santé, le reboisement. Préparons des candidats pour le futur, qui aient des diplômes de l'ENA, de La Sorbonne, de «Sciences Po», de Droit, et des plus grands écoles de politique et de droit mondiales, qui soient «haitianos-haïtiens», qui puissent parler Créole, Français, Anglais, Espagnol, parfaitement. Qui aient suivi également des cours de Gestion, de Gestion des Affaires Etatiques, de Gestion du Patrimoine, de Diplomatie, d'Economie.
Les mois qui viennent les «dés sont déjà jetés», nous aurons forcément un populiste au pouvoir : soyons logiques !
Pourquoi j'écris aujourd'hui, c'est pour sensibiliser et appeler les gens éduqués à s'investir dans la cause haïtienne. Sans notre implication, nous aurons encore des tremblements ingérés, impréparés, des cyclones mal gérés, des assassinats et un environnement encore plus meurtri.
Laissons de côté nos "préjugés" et mettons la main à la pâte dès aujourd'hui, pour qu'après le passage inévitable du futur «populiste» qui gagnera ces élections, nous soyons prêts à le remplacer par des gens compétents et puissions enfin construire notre pays .
Jean-Paul GUILLOBEL
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